Trop forts les Korn Flakes !
Chers séminaristes de la tropfortitude, j'ai trouvé un remède à la terrible maladie qui nous consume, ce fléau envoyé par Dieu pour que les femmes moches baisent aussi, j'ai nommé "l'alcool" !
Chaque jour que Dieu fait (encore lui) l'homme boit plus que de raison. Il faut dire que s'il s'en tenait à l'ingurgitation d'eau, il n'en serait pas là, l'homme. La femme non plus d'ailleurs. Mais, comme Dieu (toujours lui) a voulu que l'eau n'ait aucun goût, à part celui de la javel et celui, trop salé, de la facture, que voulez vous qu'il fisse ? L'homme, pas Dieu, suivez un peu voyons...
Que voulez vous qu'il fisse, sinon inventer un breuvage que l'on aime à déguster et, tant qu'à faire, une multitude de breuvages ? Seulement voilà, tout breuvage qui n'est pas conservé dans un endroit sec et frais ni consommé dans les quelques jours finit par fermenter. Pourquoi ? Parce que, vexé que l'homme n'apprécie pas l'eau qu'il lui avait donné, Dieu (le rancunier) a jeté un sort aux boissons par l'homme inventées afin qu'elles fermentassent et l'enivrassent. Du même coup, il solutionnait le problème des femmes moches...

C'est ainsi que mon bon goût, qui me conduit à écarter l'ingestion d'eau et la proximité des femmes moches, m'a perdu en me plongeant dans l'alcoolisme. Enfin, n'exagérons rien, disons que j'ai un peu de mal à me passer de ma bière favorite le soir en rentrant du labeur... ainsi que du petit verre de rouge avec le fromage... ou sans fromage d'ailleurs... et sans compter "la p'tite pouaaaare" qui va bien en fin de repas... ni le rhum...
Bref! il fallait réagir.
Or la semaine dernière, par un curieux hasard aussi inattendu que surprenant, ce qui constitue les caractéristiques principales du hasard, il faut bien l'avouer, ma femme (qui est belle, rassurez vous) n'a pas acquis (comme on dit au Japon) de ces céréales bourrées de polyphosphates, de sucres, de colorants, de conservateurs, d'aromes arificiels, de matières grasses végétales hydrogénées, c'est à dire, en un mot, de gateaux déguisés en céréales soi-disant bonnes pour la santé de mes enfants.
Ma femme a opté pour de simples Korn Flakes.
Et là, c'est le drame miracle ! Mes souvenirs d'enfance me prennent à la gorge en même temps qu'une soif inextinguible. Le souvenir de mes petits déjeuners d'antan m'assaille (comme on dit au Kenya), je ressens la sensation du pétale de maïs croustillant dans du lait bien frais accompagné d'une once de sucre dégoulinant (le lait, suivez bon sang) dans mon gosier, étanchant ainsi ma soif...
Ni une, ni deux, la préparation des Korn Flakes, c'est comme le vélo ou la pelleteuse, ça ne s'oublie pas! Et me voici attablé devant un bol de ces délicieuses céréales à l'heure où d'habitude je déguste ma bière de fin d'après-midi pour me rincer les dents après la sieste.

Je les avale le sourire aux lèvres, la mine réjouie, j'ai dix ans, les billes plein les poches, les filles c'est des cloches, les Korn Flakes c'est bon et la bière c'est amer, beurk !
Toute ressemblance, dans la présente fiction, avec des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite ![]()

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