Pensée dominicale
Amis adeptes de la tropfortitude, bonjour.
Profitant du beau temps dominical je me suis rué, non pas sur les plages trégorroises envahies de blancheurs adipeuses en mal d'un soleil que l'été ne nous a offert que chichement, mais vers une saine occupation de plein air: le nettoyage de mon fourgon.
Il faut que vous sachiez, amis adeptes, que j'ai acquis cet utilitaire afin d'aller fréquenter les "spots" de "windsurf" dans les conditions que requièrent mon grand âge et mon sens inné du confort et du luxe. Pas question pour moi d'aller me geler à l'arrière du break, la serviette improbablement nouée autour des hanches, la combinaison par terre, le boxer (petite précision utile à l'attention de ces dames) impossible à enfiler correctement pour cause d'humidité excessive de mes cuisses musclées (c'est en cours, c'est en cours) elles-même impossibles à sécher correctement, bref... Pas question de subir ces corvées d'après-planche qui me gâcheraient le plaisir.
Ce fourgon, utile pour ranger et transporter voiles et planches, c'est d'abord et avant tout mon vestiaire personnel. Or, acquis pour une somme modique auprès d'un mien pote de jeunesse menuisier de son état, il va sans dire que cet objet promis au "fun" des bords de plages ventées était jusqu'alors utilisé dans des conditions déplorables, celles du travailleur. Un nettoyage s'imposait!
Une fois mon labeur terminé, j'entrepris, "pour voir", d'y disposer ma première planche, que dis-je, "mon board de race" afin de commencer à réfléchir à un éventuel futur aménagement du véhicule-de-transport-cabine-d'essayage. Et là, surprise, la planche ne rentre pas !
"Ca c'est trop fort!" m'écriais-je en mon fort tout aussi intérieur que personnel. Rappelons à l'aimable assistance qu'en tant que technicien, j'ai pour moi de posséder un certain bon sens allié à un sens pratique que d'aucuns, notament les ingénieurs, m'envient. Qu'à cela ne tienne!" m'écriais-je à nouveau en mon fort toujours aussi intérieur et personnel, "je vais la mettre en travers" (je parle de la planche, bien entendu).
Joignant le geste à la parole, j'entrepris donc de disposer le "board" en travers sur le côté le plus long du fourgon. Hé hé ! Et oui, amis adeptes, l'un des côtés du fourgon est plus long que l'autre... à cause de la porte latérale bien sûr. La longueur utile du côté gauche est deux fois supérieure à celle du côté droit, encombré qu'il est (le côté droit) d'une porte latérale ne servant à rien d'autre qu'à descendre du côté droit.
C'était sans compter sur la roue de secours! Elle est disposée du côté gauche, prenant une place inutile sur la plus grande longueur utile alors que le bon sens commandait de la disposer à droite, sur le petit côté, là où de toutes façons, "perdue pour perdue, autant encombrer la faible place qu'il reste" comme dit Emile Le Cam qui passait justement par là. Continuant sur sa lancée, il ne laissa aucun doute quant à la cause de ce choix grotesque: "C'est sûrement un ingénieur qui a fait ça, c'est pas possib'autrement!"
Alors qu'il s'éloignait vers de nouvelles aventures (sacré Emile!) je décidais d'appuyer la planche sur la roue de secours, inversant sa position initiale, rendant la chose moins belle mais faisable...
Et c'est là qu'elle m'est venue !
Amis adeptes de la tropfortitude, je me dois de livrer aujourd'hui à votre sagacité le fruit de ma réflexion d'alors:
"Un technicien, finalement, c'est quelqu'un qui peut utiliser un objet, même si celui-ci a été conçu par un ingénieur."

digg it
del.icio.us
Moi je fais du bodyboard et ma planche rentre fastoche dans ma Porsche 911 Carrera.
Emile Le Cam | 2008-10-13 - 12:27:57 GMT 1 #
Pour ma part, je fais du kyte-surf avec mon chien Georges W et tout rentre tranquille dans mon Partner Peugeot.
Gustave Le Touboulic
lgc | 2008-10-14 - 10:00:23 GMT 1 #
Travailleurs, travailleuses, on vous ment, on vous balade... Quant à moi, quand je faisais du patin à roulettes, je n'avais aucun problème pour les ranger dans la sacoche de la mobylette bleue !
Arlette | 2008-10-20 - 14:52:31 GMT 1 #